L’intérim. (2007). La Découverte (« Repères »).

On estime à deux millions le nombre d’intérimaires dont les missions représentent chaque année en France l’équivalent d’environs 600 000 emplois à temps plein.

Parallèle à la montée du chômage de masse et d’autres types d’emplois non durables, l’essor considérable du travail en intérim intervenu depuis le milieu des années 1970 a fait des entreprises de travail temporaire l’un des premiers employeurs privés du pays.

Né comme une forme d’emploi temporaire de remplacement, l’intérim est devenu un outil de flexibilité auquel la loi a progressivement reconnu un rôle de plus en plus large.

Comment fonctionne le travail intérimaire ? Pourquoi un nombre croissant d’entreprises et de salariés y recourent-ils ? Est-ce un choix ou une contrainte ? Quels effets l’intérim produit-il sur le rapport au travail et sur le mode de vie ? Comment expliquer la mutation du système d’emploi dont participe la poussée de l’intérim ? Vivons-nous la généralisation d’une instabilité aliénante due à l’explosion sans limites des emplois précaires ou l’émergence d’une mobilité épanouissante faite de transitions choisies ?

© Éd. La Découverte, 2007

Table des matières

Introduction
L’intérim a connu un essor spectaculaire depuis trente ans
Un système de relations entre trois catégories d’acteurs
Un essor qui éveille la curiosité

I La montée en puissance de l’intérim en France
Qui sont les intérimaires ?
La hausse des effectifs de l’intérim et de l’emploi « atypique »
L’élargissement progressif des fonctions
Les étapes de la réglementation

II Le rôle des parties prenantes de l’essor de l’intérim
Du côté des intérimaires : une contrainte plus qu’un choix
Du côté des entreprises
La position des syndicats de salariés

III Vivre en intérim
Une attractivité paradoxale
Une forme de sous-emploi visible et invisible
Une précarité pesante

IV Essor de l’intérim et transformations de l’emploi
Une extension encore en cours, mais limitée à terme
Une composante et un révélateur de l’évolution de l’emploi

Liste des sigles et abréviations

Repères bibliographiques

© Éd. La Découverte, 2007

Début de l’introduction

Depuis les années 1980, la France a vu se multiplier les emplois qualifiés d’ « atypiques » par opposition au contrat à durée indéterminée (CDI) à temps plein qui était devenu la forme d’emploi « typique » durant la période précédente. Dans le contexte du chômage massif durable, l’envol des contrats à durée déterminée (CDD), des contrats aidés, du travail en intérim et du temps partiel témoigne d’une diversification des contrats de travail qui traduit une évolution du mode de gestion de la main-d’œuvre par les entreprises et des politiques publiques de l’emploi.
Ses particularités font du travail temporaire un objet dont l’étude éclaire cette transformation. En effet, l’intérim (synonyme de travail temporaire) est une forme d’emploi salarié à la fois :
- temporaire, qui bouscule la frontière entre chômage et emploi tant les intérimaires la franchissent fréquemment en révélant sa porosité ;
- particulière, qui disjoint la relation d’emploi et la relation de travail en se distinguant du lien salarial classique ;
- précaire, qui n’assure aucune durée au travail et aux droits sociaux en participant des remises en cause des statuts et de l’intégration sociale.

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© Éd. La Découverte, 2007

Liste des encadrés

- L’enquête à la base de cette analyse, p. 5
- Le maquis des statistiques sur le travail temporaire, p. 16
- Le contexte de la flexibilisation, p. 20
- Les principaux textes légaux encadrant le travail temporaire en France, p. 28
- Les ETTI (entreprises de travail temporaire d’insertion), p. 51
- Propos de syndicalistes de l’intérim, p. 54
- Le mythe des « vacances quand on veut », p. 60

© Éd. La Découverte, 2007